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Affichage des articles associés au libellé Marcel Conche

Tout neuf

Certains jours reviennent lecture collage certaines images se poser sur la page entre nuit et jour j'entends deux battements d'ailes et je vois le pigeon tout près qui me dépasse la fenêtre à mon oreille la page s'envole me fouette sa présence lecture lectures collages décollages j'embrasse le présent Si l'on veut se rendre présent dit Marcel Conche il dit — avant d'écrire — et je le vois encore, l'entends ( Présence de la nature , ici un extrait de l'introduction : ) «  Si l'on veut se rendre présent à la présence de la Nature, ce qui est requis est non pas l'ingéniosité du doute cartésien, mais, au contraire, un supplément de naïveté, par laquelle on revient, en deçà même des évidences communes, à une évidence première, plus immédiate. Certes, Descartes philosophe, comme il convient, à partir de ce qui se montre, mais que se passe-t-il aussitôt ? Il doute que ce à quoi il a affaire, sensoriellement, soit effectivement réel ; il se demande même...

La pensée de Marcel Conche, que fait-elle ?

Un bout de promenade avec la pensée de Marcel Conche, en suivant sa logique – qui appartient à tous, comme le paysage que nous traversons – et en suivant son pas – celui du mouvement de son langage, qui n'appartient qu'à lui. Nous sommes arrivés à la clairière d'une phrase, d'un paragraphe, où sa vérité et la mienne se baignent ensemble. Ce bonheur-là, quel est-il ? Qu'est-ce qui m'est apporté ? Le cheminement d'une pensée arrivée à son but ? Cette pensée, j'aimerais la résumer d'une formule. C'est possible. Je dirais "La réalité est événement". C'est une pensée des Stoïciens. C'est une pensée de la présence. Tout y est contenu : tout de l'existence et de la non-existence, tout du temps, tout de l'espace, tout de l'être. Mais pour d'autres que moi, ce "résumé" contient-il tout ce qu'il résume ? Cette somme qu'il embrasse, peut-elle exister pour qui ne l'a pas préalablement rencontrée,...

"Quoi" de la Nature ?

C'est à la fin d'un chapitre assez bref mais très étayé, très dense et, naturellement, éclairant que Marcel Conche a cette échappée poétique d'une grandeur et d'une simplicité qui est son génie propre. Et je suis tout de suite séduit par le terme de "livrée" qui débute ce paragraphe car j'y entends aussi le substantif médiéval que Littré définit ainsi : "Anciennement, vêtements qu'un seigneur, un prince, un roi faisait délivrer aux membres de sa famille et aux gens de sa maison. ~ Habits rappelant par leurs dessins et leurs galons les armoiries du seigneur qui donne ces habits soit à ses gens, soit à d'autres. ~". Mais on parle ici de la Nature. Quoi de la nature, finalement, se révèle, s'expose, dans ce qu'en disent les philosophes, les mathématiciens, les savants ? «      Elle ne s'est livrée qu'autant qu'elle a donné prise à la mesure, à ce qui est vérifiable, quantifiable, restant elle-même en retrait. La sci...

Le silence heureux – suite

  « La solitude se situait à un niveau sur le fond duquel était tout le contraire.» Cette phrase de Marcel Conche m'apparaît maintenant comme une des plus belles phrases qu'il m'ait été donné d'apprécier. Une des plus lumineuses. Je me souviens qu'elle m'a arrêté dans ma lecture lorsqu'elle m'est apparue, la première fois. Je m'y suis repris pour la lire. Et c'est au cours d'une autre lecture qu'elle s'est posée tout doucement comme le soleil, l'été, sur le fond d'un cours d'eau. Et lorsque nous arriverons à la dernière phrase du chapitre, elle résonnera avec celle-ci, elle donnera aussi une clé définitive de cette entente silencieuse des deux esprits. Si je pense aujourd’hui à ces « silences heureux », c’est aussi en pensant à la solitude, qui en est le corrélat. La solitude est au fondement de la condition humaine, tout homme éprouvant la solitude de soi-même. C’est pourquoi, plus encore qu’être aimé, nous v...

Le silence heureux

Ce titre est de Marcel Conche. C'est celui d'un chapitre de son livre "Épicure en Corrèze". Ne serait-il pas, parmi les philosophes, très paradoxalement, le plus proche de Montaigne , celui dont la pensée tiendrait le plus du plaisir d'écrire, en somme ? Je reproduis dans sa totalité ce court chapitre mais en le scindant en deux, comme on tourne les pages, pour le plaisir de la lenteur. Peut-être pourra-t-on mieux entendre monter ce vent de la voix, que renouvelle chaque lecture. Marcel Conche dit aimer la philosophie par-dessus tout, devant tout le reste, devant la littérature bien sûr –  prédilection de Marie-Thérèse (Mimi) –, et avant même l'amour d'une femme. Or il me semble aussi prouver le contraire : que la philosophie sait s'effacer derrière le silence heureux, la paix partagée sur fond d'infini. Je crois l'entendre m'assurer que c'est là justement la philosophie épicurienne. Oui, mais c'est son récit qui me touche, non...