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Affichage des articles associés au libellé Edgar Morin

Celle qui s'en est allée

Je lis. Edgar Morin dit la continuité de la pensée et de la vie — d'une façon implacable de lucidité longuement assumée. Cette vie-pensée offerte au lecteur serait presque insupportable d'émotion si une complexe et savante construction ne venait l'aider à mettre une distance théorique entre les deux. Heureusement, quelque chose comme le bonheur perdu revient toujours les tenir ensemble. La vie, la pensée, la mort, le monde. Elle est retrouvée . Il est chez l'un ou l'autre des amis — enfin. « C'est au pied de la montagne Sainte-Victoire, chez mes amis Nughe, que j'achevai ce premier plan de l'édifice, pénétré, comme je l'ai écrit, par "l'énergie de cette montagne de pierre que je contemplais à chaque fois que je levais les yeux de ma rédaction". » à propos de L'aventure de La Méthode, 2015 photo r.t

Promenade

Je rentre en marchant. Qui me croira si je dis que chaque jour le bonheur grandit et se métamorphose... En fait, s'élargit. Comme l'univers, il est en expansion. Mais qui peut se soucier de mon bonheur, et pourquoi le dire ?...  Aussi, ce n'est pas le dire, mais le chanter, ou peut-être, mieux encore, le laisser chanter. Le livre est ouvert et de temps en temps l'horizon de l'eau, ou celui du ciel, viennent s'y étendre. Et tout respire différemment. Quelqu'un dialogue dans ce livre, sa voix se met à reprendre la conversation, préciser, actualiser sa pensée. Il a laissé les reflets gris, les reflets argent, jouer un long chorus sur la rivière et le timbre parfait d'un oiseau se place. Ce livre sait avancer, se poser pages ouvertes ou fermées ou même voler ou danser, me rappeler quand je fais mine de l'oublier comme une chatte la souris qu'elle destine à ses petits – pendant que je regarde une troupe de canards nager, voler, et l'un plonge...