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Affichage des articles associés au libellé Verlaine

Le soir en rentrant

Le soir en rentrant elle répète ces mots pour qu’ils répandent dans sa gorge une soie bienfaisante. Ils descendent jusqu’au fond du ventre un vent tiède un miel. Ils la libèrent peu à peu des murs, des champs stériles, elle les allonge dans son souffle ils descendent comme des oiseaux elle les endort en les chantonnant comme une berceuse et ils reprennent en chœur les échos de sa voix alors elle danse elle danse longtemps tous les soirs en chantant ces mots ceux-là ou d’autres ceux qui viennent en langue étrangère surtout en une langue ou une autre qu’elle connaît sans la connaître comme font les enfants Anne Nouwynck, peinture  

Un oiseau ?

Le ciel est par-dessus le toit, Si bleu, si calme ! Un arbre, par-dessus le toit, Berce sa palme. Affiche déchirée, photo Anne Nouwynck

Il patinait merveilleusement

Oui il aimait éperduement. Cette faute d'orthographe, c'est une liberté que j'ai prise, sans y avoir pensé. Je n'ai pas pu écrire ce mot autrement. Je me rends à mon inconscient. J'ai eu besoin de cette voyelle muette qui adoucit l'intérieur du mot, de cet espace qui s'allonge et comble la faille du mot. (Il retrouvera sa raideur quand la voix du maître d'école resurgira "Je m'en fiche éperdument, tu me le copieras 100 fois".) Il y a donc une plasticité de la langue, qui répond à toutes sortes de besoins, et pas seulement à celui du moindre effort, loin de là. Toute langue vivante bouge dans son corset. Se dégage de son passé. L'orthographe. J'aime ce terme, bien qu'en ayant enduré la tyrannie, comme tout petit français du 20è siècle. Il me fait penser à la construction, à l'apprentissage, à l'école. A la marche, à l'équilibre, à l'acrobatie, à la danse. Au danseur, à l'écrivain, au musicien, à l'art...