Pour faire un écart dans cette marche de l'homme hors sol, son décollage vers une bulle de néo-humanoïdes –, je lis André Bucher. Il faut imaginer une rencontre, mais de grande envergure. Il faut penser au vol des aigles, aux remontées des saumons le long des chutes. On peut dire que le pays, la nature, ses animaux, ses brumes, ses lumières, ses chemins, servent d'habitat à l'écriture. L'imaginaire trouve son lieu d'exil sur terre, vaste, accueillant et hostile, limité aussi, l'un et l'autre confrontant leurs limites. On peut le dire aussi à l'inverse : cette montagne, cette Vallée seule , ce Pays qui vient de loin , sont nourris, animés littéralement, par la chaleur de l'homme, son désir, son imaginaire. Quant à l'existence d'une vie sauvage autour du lieu qui m'accueille, elle résulte un tant soit peu de mes choix et de leurs pratiques. J'ai apprivoisé cette montagne en ouvrant des pistes, effectué des plantations d'arbr...
René Thibaud