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Affichage des articles associés au libellé Matisse

La lecture amoureuse

C'est presque un pléonasme que je fais puisque la lecture, c'est l'amoureuse. Vous avez toujours un livre pour vous montrer dans la plus douce intimité, dans vos pensées les plus secrètes. Dans cette indiscrétion vous vous plaisez, cette impudeur vous est facile. Et quand vous avez le livre dans votre sac, vous le gardez en attente, ou peut-être en otage. La lecture est l'autre part, qui permet la complétude, ou qui la réalise, ou qui vous arrondit. Elle est la part de l'ange, ou du démon, selon le désir qui vous tente. Henri Matisse, 1923

Retour de l'intruse

Le livre était revenu de l'imprimerie avec une faute d'orthographe sur la couverture. C'était ma faute. J'avais donné le bon à tirer. C'était aussi – je l'ai su tout de suite – la marque de ma faute confondue à celle du personnage, j'avais ajouté ma voyelle muette à l'intérieur du mot que je lui prêtais : éperduement. C'est ainsi qu'il l'aimait, cette gamine de quinze ans, lui le quinquagénaire : avec, à l'intérieur, la marque de sa perte (la sienne propre, irrévocable, plus que de sa disparition à elle, inscrite dès son premier passage fulgurent de mouette rieuse.) Ainsi, ce e muet , dans mon imagination de lecteur, s'était-il ouvert béatement à l'ombre d'une jeune fille en fleur, (par la même occasion, venant me rappeler mon premier amour d'adolescent, perdu presque aussitôt.) Néanmoins, c'était là superfétatoire marque de décadence stylistique, l'inverse de la disparition de Georges Perec. En tous les cas, c...