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Le silence heureux – suite

  « La solitude se situait à un niveau sur le fond duquel était tout le contraire.» Cette phrase de Marcel Conche m'apparaît maintenant comme une des plus belles phrases qu'il m'ait été donné d'apprécier. Une des plus lumineuses. Je me souviens qu'elle m'a arrêté dans ma lecture lorsqu'elle m'est apparue, la première fois. Je m'y suis repris pour la lire. Et c'est au cours d'une autre lecture qu'elle s'est posée tout doucement comme le soleil, l'été, sur le fond d'un cours d'eau. Et lorsque nous arriverons à la dernière phrase du chapitre, elle résonnera avec celle-ci, elle donnera aussi une clé définitive de cette entente silencieuse des deux esprits. Si je pense aujourd’hui à ces « silences heureux », c’est aussi en pensant à la solitude, qui en est le corrélat. La solitude est au fondement de la condition humaine, tout homme éprouvant la solitude de soi-même. C’est pourquoi, plus encore qu’être aimé, nous v...

Le silence heureux

Ce titre est de Marcel Conche. C'est celui d'un chapitre de son livre "Épicure en Corrèze". Ne serait-il pas, parmi les philosophes, très paradoxalement, le plus proche de Montaigne , celui dont la pensée tiendrait le plus du plaisir d'écrire, en somme ? Je reproduis dans sa totalité ce court chapitre mais en le scindant en deux, comme on tourne les pages, pour le plaisir de la lenteur. Peut-être pourra-t-on mieux entendre monter ce vent de la voix, que renouvelle chaque lecture. Marcel Conche dit aimer la philosophie par-dessus tout, devant tout le reste, devant la littérature bien sûr –  prédilection de Marie-Thérèse (Mimi) –, et avant même l'amour d'une femme. Or il me semble aussi prouver le contraire : que la philosophie sait s'effacer derrière le silence heureux, la paix partagée sur fond d'infini. Je crois l'entendre m'assurer que c'est là justement la philosophie épicurienne. Oui, mais c'est son récit qui me touche, non...