« La solitude se situait à un niveau sur le fond duquel était tout le contraire.» Cette phrase de Marcel Conche m'apparaît maintenant comme une des plus belles phrases qu'il m'ait été donné d'apprécier. Une des plus lumineuses. Je me souviens qu'elle m'a arrêté dans ma lecture lorsqu'elle m'est apparue, la première fois. Je m'y suis repris pour la lire. Et c'est au cours d'une autre lecture qu'elle s'est posée tout doucement comme le soleil, l'été, sur le fond d'un cours d'eau. Et lorsque nous arriverons à la dernière phrase du chapitre, elle résonnera avec celle-ci, elle donnera aussi une clé définitive de cette entente silencieuse des deux esprits. Si je pense aujourd’hui à ces « silences heureux », c’est aussi en pensant à la solitude, qui en est le corrélat. La solitude est au fondement de la condition humaine, tout homme éprouvant la solitude de soi-même. C’est pourquoi, plus encore qu’être aimé, nous v...
René Thibaud