" La lumière du soleil peinait à percer les nuages, qui s'embrasaient ; à travers l'épaisse canopée, le ciel nous apparaissait comme un million d'étincelles de mercure bordées, autour des plus grandes trouées, d'une dentelle de feuillage. Les branches se sont mises à bouger, les gouttes d'eau à tomber. Un bras de bonobo a brièvement surgi. Une silhouette marchait sur une branche avec un balancement d'épaules d'apparence humaine.Un bonobo adulte a laissé échapper un hululement aigu, et un bébé a poussé un gémissement semblable à celui d'un bébé humain, mais deux ou trois fois seulement, avant de se taire. La canopée a cessé de remuer.Léonard nous a expliqué que les bonobos attendaient sur les plus hautes branches que la lumière du soleil les réchauffe. Comme nous, ils sont lent à se lever les matins pluvieux. Je me les suis imaginés, perchés sur les énormes branches au faîte de cet arbre s'élevant au-dessus du reste de la forêt. Ils contempla...
René Thibaud