Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles associés au libellé Fernand Léger

Rire avec les dieux

Søren Kierkegaard a la réputation d'un philosophe des plus sérieux, voire austère. Mais on sait ce que vaut une réputation... Voici donc le texte choisi par Lucien Jerphagnon pour ouvrir son livre   L'homme qui riait avec les dieux. Il m'est arrivé quelque chose d'étrange. J'ai été ravi au septième ciel. Là, tous les dieux étaient assemblés. Par grâce spéciale me fut accordée la faveur de formuler un voeu. «Veux-tu, me dit Mercure, la jeunesse, la beauté, la puissance, une longue vie, la plus belle des jeunes filles, ou telle autre merveille parmi toutes celles que vous avons dans notre coffre ? Choisis, mais ne choisis qu'une chose.» Je fus un instant perplexe, puis je m'adressai aux dieux en ces termes : « Très honorés contemporains, je choisis une seule chose, c'est d'avoir toujours le rire de mon côté.» Pas un dieu ne répondit un mot, mais tous ils éclatèrent de rire. J'en conclus que ma prière était exaucée et que les dieux savaient s...

L'art d'être mort

Ces mots étonnants sont ceux de Lucien Jerphagnon dans L'homme qui riait avec les dieux ... Je citerai plus tard les mots de Kierkegaard, non moins étonnants, placés en exergue du livre. Si la mort trouve quelque part sa place, c'est toujours dans l'imaginaire. Dans le réel elle n'est qu'un manque. Même dans un cimetière – ou surtout là – elle est absente ; il n'y a que paix, que plénitude du réel. Nulle part ailleurs le réel n'est aussi dense, sans la moindre faille. C'est le lieu tout indiqué du repos éternel. Mais ce pourrait être – et c'est effectivement – ailleurs tout aussi bien, puisque où l'on est posé on s'arrête. On s'abandonne au mouvement de l'univers. Mais n'y étions-nous pas déjà ? Y a-t-il aux yeux de l'univers en mouvement bien grande différence entre vie et non-vie ? Et n'avons-nous pas nous-mêmes un degré de conscience qui nous place à cet endroit... de l’œil de l'univers ? Que voudrions-nous de...

Les morts parlent en dormant

"La mort n'est hélas plus ce qu'elle était" écrit un jour Lucien Jerphagnon dans ce qui deviendra ce livre, qui n'a paru qu'après sa mort,   L'homme qui riait avec les dieux. C'est à propos de l'art funéraire romain qu'il relève "qu'à Rome, l'art est toujours solidaire de l'art de vivre"... et même "si j'ose dire, l'art d'être mort"... "Oui, l'art d'être mort sans l'être tout à fait, vivant au moins dans la pensée des générations à venir." Je cite un paragraphe de cette "lettre à Lucilius de Lutèce" et j'oserai dans un autre billet y faire suite. Émouvante ronde des dieux et des déesses qu'on reconnaissait au premier coup d’œil, ballet funèbre dans lequel entrait le défunt, officier, commerçant, gamin même, trop tôt descendu au royaume des morts et qui de là vous souriait encore, entouré de Tritons ! Me revient ce relief funéraire conservé à Bordeaux, au m...