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Promenade

Je rentre en marchant. Qui me croira si je dis que chaque jour le bonheur grandit et se métamorphose... En fait, s'élargit. Comme l'univers, il est en expansion. Mais qui peut se soucier de mon bonheur, et pourquoi le dire ?...  Aussi, ce n'est pas le dire, mais le chanter, ou peut-être, mieux encore, le laisser chanter.
Le livre est ouvert et de temps en temps l'horizon de l'eau, ou celui du ciel, viennent s'y étendre. Et tout respire différemment. Quelqu'un dialogue dans ce livre, sa voix se met à reprendre la conversation, préciser, actualiser sa pensée. Il a laissé les reflets gris, les reflets argent, jouer un long chorus sur la rivière et le timbre parfait d'un oiseau se place. Ce livre sait avancer, se poser pages ouvertes ou fermées ou même voler ou danser, me rappeler quand je fais mine de l'oublier comme une chatte la souris qu'elle destine à ses petits – pendant que je regarde une troupe de canards nager, voler, et l'un plonger soudain sa tête, son cou, replonger la moitié de son corps dans l'eau limpide dont le reste s'arrondit sur son dos de satin par petits paquets glissant sans le mouiller.
Le livre est beau, c'est "L'aventure de La Méthode" d'Edgar Morin, il est de tous les instants, comme la rivière, comme le temps.

photo r.t

Commentaires

  1. Quelle beauté ce texte, quelle fraîcheur...
    Le bonheur des uns rayonne sur les autres ...

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  2. Votre texte fait de la lecture une expérience sensuelle en accord avec la nature, les couleurs, le mouvement. On ne peut le lire sans émotion.

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